Fondation Ahlul Bait d'Afrique du Sud

La Fondation Ahlul Bait d’Afrique du Sud (Ahlul Bait Foundation of South Africa – AFOSA) a été créée en 1991 sous la direction de Mowlana Syed Aftab Haider, comme organisation faîtière représentant les musulmans chiites du pays. Le complexe de la mosquée Ahlul Bait (ABMC), siège de la fondation, a été inauguré en 1993 au Cap. Après d’importants travaux de rénovation et d’extension réalisés en 2017, il s’est imposé comme un repère religieux, culturel et architectural majeur dans le paysage urbain de la ville. Bien que la présence de l’islam en Afrique du Sud remonte au XVIIe siècle et que les premières manifestations du chiisme y apparaissent dès la première moitié du XXe siècle, la révolution islamique de 1979 en Iran a joué un rôle déterminant dans la diffusion et l’essor de l’islam chiite dans le pays.

Vision :
Contribuer à l’édification d’une société fondée sur le principe coranique de la dignité intrinsèque de tout être humain (Coran 17, 70). Cette vision trouve également son fondement dans l’enseignement de l’Imam Ali (as) : « Les êtres humains sont de deux catégories : soit vos frères en religion, soit vos semblables en humanité. »

Mission :

  • Promouvoir les enseignements et la culture islamiques dans la tradition des Ahlul Bait (as), la famille du Prophète Muhammad (sawa), en mettant en valeur leur héritage spirituel, éthique et doctrinal.
  • Assurer un accompagnement spirituel et social de la communauté chiite, tout en coordonnant les activités religieuses courantes.
  • Coopérer avec l’ensemble de la communauté musulmane en encourageant le dialogue et les relations avec les autres traditions religieuses, afin de promouvoir la coexistence pacifique et la compréhension mutuelle.

Principales initiatives et réalisations :
Outre ses programmes hebdomadaires d’éducation islamique à différents niveaux, l’ABMC joue un rôle important dans la promotion de la solidarité interreligieuse au service du bien commun et des valeurs partagées. L’institution participe activement à plusieurs structures œcuméniques et interconfessionnelles, notamment l’Initiative interconfessionnelle du Cap, le Forum des chefs religieux du Cap-Occidental, le Conseil consultatif théologique multiconfessionnel sur la violence sexiste (Institut sud-africain de la foi et de la famille), ainsi que l’Institut pour l’environnement des communautés religieuses d’Afrique australe.

  • Relations islamo-chrétiennes : il y a vingt ans, l’ABMC a lancé l’initiative intitulée « Partage des bienfaits du Ramadan », consistant à organiser des repas d’iftar réunissant différentes communautés religieuses, en particulier la communauté chrétienne. Cette initiative, alors pionnière dans la ville, a progressivement inspiré de nombreuses mosquées et centres islamiques durant le mois de Ramadan.
  • Intégration d’intervenants chrétiens : le Père Christopher Clohessy et le Dr Allan Boesak figurent parmi les personnalités académiques et religieuses régulièrement invitées à intervenir devant la congrégation. Leurs contributions ont favorisé le renforcement du dialogue interreligieux et de la compréhension mutuelle entre traditions chrétienne et musulmane.
  • Lancement de la Plateforme pour le dialogue théologique et l’éthique pratique : lancée en collaboration avec l’archidiocèse catholique du Cap en 2021 et inspirée par la rencontre historique entre le Pape François et le Grand Ayatollah Ali al-Sistani, cette plateforme a organisé plusieurs séminaires réunissant intervenants musulmans et chrétiens afin de sensibiliser le public à diverses questions contemporaines et de promouvoir le dialogue théologique et éthique.
  • Collaboration avec les dirigeants chrétiens sur les questions sociopolitiques : la mosquée joue également un rôle significatif dans les initiatives de solidarité interreligieuse visant à répondre aux défis sociaux et politiques contemporains. Sa participation à la création de « Convivencia – Solidarité interreligieuse pour la justice en Palestine » illustre cet engagement commun en faveur de la justice, de la paix et du dialogue.
  • Publications et réseaux sociaux : les plateformes numériques ainsi que le service des publications contribuent à la diffusion des valeurs et des orientations de l’institution. Parmi les initiatives récentes figurent la publication de l’ouvrage Diversité et coexistence ainsi que l’organisation de plusieurs séminaires en ligne consacrés au dialogue interreligieux.